
"LA MOTTE DE BEURRE" Antoine Vollon 1833-1900
Entre "Bretagne et Roussillon" je fais ma cusine tantot à l'huile d'olive, tantot au beurre
Pourquoi le beurre salé ?
Pendant très longtemps il demeura un aliment rare, local et artisanal, que seules les famille s aisées pouvaient s'offrir quotidiennement. Excepté en de rares occasions, les autres classes de la population devaient généralement se contenter de saindoux (la graisse du porc) ou d'huile végétale.
Les procédés de conservation modernes étant inconnus, le sel de cuisine était ajouté au beurre pour lui permettre de se conserver quelques jours.

Pourquoi principalement en Bretagne ?
Historiquement, il faut savoir que la Bretagne était exemptée de gabelle et produisait son sel : la rencontre était donc obligatoire et simplifiée. Il est à noter que les Flandres salait également leur beurre.
Et comment se fabrique le beurre salé ?
Le beurre est obtenu en battant la crème tirée du lait. L’opération est souvent effectuée après maturation (fermentation légère) de la crème. Le barattage de la crème non réfrigérée (battre de la crème froide fait de la crème fouettée) rassemble les gouttelettes de matière grasse en suspension. Le beurre se sépare alors du babeurre. Il est ensuite malaxé pendant un rinçage à l’eau fraîche, pour améliorer la conservation en évacuant autant de babeurre que possible. Le beurre peut ensuite devenir du beurre salé, tout simplement en le salant avant d'être réfrigéré et conditionné.
Bon à savoir
Le Beurre salé en France contient plus de 3 % de sel. Certaines marques associent deux produits de terroir, par exemple, les beurres sont salés à la fleur de sel de Guérande ou de Noirmoutier. De son coté, le Beurre demi-sel contient toujours moins de 3 % de sel.

Anecdote
Le beurre, symbole de douceur au quotidien, était également un ingrédient de fête. Les offrandes de beurre étaient courantes pour les mariages et les fêtes religieuses. Lors des noces en Bretagne, chacun participait aux frais du repas. Cette participation se faisait parfois et oui en mottes de beurre ! sculptées et offertes lors des mariages ou des pardons en Bretagne pouvaient peser 40 à 50 kilos!
Lors du pardon "Spézet" (Finistère), la procession s'achève par l'offrande d'une phénoménale motte de beurre scultée par les femmes de la paroisses.
De nos jours, rares sont les femmes qui, "pincent" le beurre comme c'était l'usage, à l'aide d'une épingle à chignon afin de la gouter et de s'assurer de son onctuosité !

Le kouign-amann ou kouign amann sans trait d'union (prononciation : [kwiɲa'mɑ̃nː], pluriel breton kouignoù-amann) est un gâteau, spécialité régionale de Douarnenez en Bretagne. En breton, kouign signifie « gâteau » ou « brioche » et amann, « beurre ». Il aurait été inventé par hasard vers 1860 par un boulanger douarneniste, Yves-René Scordia.
Sa préparation est réputée délicate, comme en témoigne le dicton qu'affichent certains pâtissiers douarnenistes : « Le fait qui veut, le réussit qui peut ».
Une variante belliloise, nappée de caramel croustillant, est appelée « beurrée ».

Demain la suite, pénurie de beurre salé en Bretagne .....