
On parle beaucoup du couvre-feu depuis hier, mais connaissez-vous les origines
Un couvre-feu est une interdiction à la population de circuler dans la rue durant une certaine période de la journée, qui est généralement la nuit et tôt le matin. Elle est ordonnée par le gouvernement ou tout responsable d'un pays, d'une région ou d'une ville. Cette mesure est souvent décrétée lors de la déclaration de la loi martiale ou de l'état de siège, mais peut aussi être appliquée en temps de paix. Le couvre-feu peut se limiter aux mineurs (États-Unis, Anti-Social Behaviour Act de 2003 en Grande-Bretagne, etc.).
Son but est de permettre aux forces de l'ordre, civiles ou militaires, de mieux assurer la sécurité de la zone sous couvre-feu ou de limiter la libre circulation d'une certaine catégorie de personnes, comme les femmes ou les mineurs.

Ils nous ont dit, pas plus de 6 personnes dans les réunions familiales !
L'historiographie anglaise suggère que le couvre-feu fut une mesure répressive imposée par Guillaume le Conquérant aux Anglo-Saxons en 1068, probablement dans le but d'empêcher une rébellion et les fréquents incendies des habitations en bois à la suite de feux laissés imprudemment allumés.
Cette mesure obligeait ainsi les habitants à couvrir le feu jusqu’à extinction, de 8 heures du soir à 6 heures du matin. Pour le chercheur Lionel Cresswell, l'origine anglo-normande du couvre-feu relève du mythe car cette coutume existait depuis longtemps sur tout le territoire français, britannique, espagnol et italien.
Le roi des Anglo-Saxons Alfred le Grand aurait ainsi mis en place une cloche de couvre-feu (en) à Oxford dès le IXe siècle.
Le couvre-feu se développe dans les villes européennes au XIIIe siècle :
une cloche le signale à la tombée de la nuit pour indiquer qu'il est temps de recouvrir les feux d'un couvercle de fonte pour éviter tout incendie

Le couvre-feu est généralisé par la Wehrmacht dans les territoires occupés.
Entré en vigueur dès le début de l’occupation de Paris dés le 14 juin 1940, le couvre-feu instauré de 20 heures à 6 heures n’a pas été imposé de façon linéaire jusqu’à la libération de Paris, le 25 août 1944. Le premier, mis en place lors de l'entrée des troupes allemandes, n’a duré que 48 heures.

Le couvre-feu est une des mesures préconisées par la doctrine de la « guerre contre-insurrectionnelle ». Pendant la bataille d'Alger. Il a ainsi permis à l'armée française d'arrêter à domicile, la nuit, les personnes soupçonnées de soutenir le FLN. Il deviendra par la suite un élément clé de ce type de guerre[réf. nécessaire].
Le couvre-feu a été utilisé en métropole : c'est ainsi lors d'une manifestation pacifique contre le couvre-feu pour tous les « Français musulmans d'Algérie » qu'a eu lieu le massacre du 17 octobre 1961 à Paris.
Des couvre-feux ont été mis en place localement pour les mineurs. Ceux-ci concernaient certaines communes qui, en été, rencontraient des incivilités commises par des mineurs. Les maires de ces communes ont pris des arrêtés municipaux de couvre-feu pour les moins de 13 ans, entre 23 heures et 6 heures, et dans certains quartiers de la ville.
La tradition de la cloche de couvre-feu subsiste dans quelques rares villes en France, notamment à Strasbourg avec la Zehnerglock située dans le beffroi de la cathédrale qui sonne tous les soirs à 22h06.
Lors des émeutes de 2005 dans les banlieues françaises et en vertu du décret de l'état d'urgence, quelques villes ont mis en place un couvre-feu, notamment Le Raincy en Seine-Saint-Denis, et également Marmande.