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    La Légende de la ville D'ys

    •  Malgven, reine du Nord
    •  La naissance de Dahut
    •  La ville construite contre la mer
    •  Les fiancailles de Dahut avec l'Océan
    •  le masque magique
    •  La submersion de la ville
    •  Saint Guénolé, le missionnaire de Dieu
    •  La ville D'Ys, épilogue

     

    Voici l'Histoire du roi Gralon et de la ville d'Ys , Gradlon habitait en Cornouaille. Il possédait une flotte de nombreux bateaux qu'il aimait opposer à ses ennemis, souvent dans les pays lointains et très froids, il pillait alors les navires ennemis et remplissant ses coffres d'or et de trophées.

     

    Un jour ses marins, fatigués de se battre dans ces pays froids se rebellent et mirent le cap sur la Bretagne pour retrouver femmes et enfants et vivre au calme. Le roi se retrouva seul.

     

     

     

     

    un jour, le roi sentit une présence autour de lui. il leva la tête et aperçu, blanche dans le clair de lune et vêtue d'une cuirasse ruisselant de la lumière de l'astre, une femme aux longs cheveux roux, c'était Malgven , la reine du Nord , ils enfourchèrent le Morvac'h " cheval de mer" et le cheval galopait sur la crête des vagues , retrouvèrent les navires et la Cornouaille. Gradlon et Malgven eurent un enfant :

    Dahut ! la mère mourut et il retourna dans son chateau et ne voulut plus en sortir ! Dahut, grandissait, elle était très belle, comme sa mère Malgven, Dahut aimait beaucoup la mer. Un jour , elle demanda à son père qu'il lui construise une ville, une ville au bord de de la mer

     

    Gralon accepta. plusieurs milliers d'ouvriers furent mis au travail et construisirent une ville qui semblait sortir de la mer. Pour la défendre des hautes vagues et des tempêtes, une très haute digue encerclant la ville, avec une unique porte de bronze qui y donnait accès. Le roi Gradlon seul en possédait les clefs,

    On l'appela ville D'Ys.

     

     

     

    Les fiancailles de dahut avec l'Océan ! les pêcheurs, chaque soir voyait sur la plage une femme qui chantait fort, peignat ses longs cheveux blonds, c'était la princesse Dahut elle disait :

    " Océan, bel Océan bleu, roule moi sur le sable , je suis ta fiancée , je suis née sur le mer, dans les vagues et l'écume, quand j'étais enfant je jouais avec toi.

    Océan, fais venir de beaux marins que je pourrai regarder, ne sois pas jaloux, je le les rendrai l'un après l'autre. Océan, bel Océan! un jour, un chevalier étrange arriva à Ys et là .. summersion de la ville,

     

    La légende de la ville d'Ys (la reine Dahut)

    Dahut se transforme en Marie Morgane ou en sirène (peinture d'Elisabeth Baumann)

     

    Certains racontent que Dahut, après sa mort, devint une sirène et qu’elle apparait aux pêcheurs les soirs de lune, peignant sa longue chevelure d’or. Ils disent aussi que par temps très calme on peut entendre sonner les cloches de la cite disparue.

     

    « As-tu vu, pêcheur, la fille de la mer,

    peignant ses cheveux blonds dores

    au grand soleil sur le bord de l’eau ?

    J’ai vu la blanche fille de la mer,

    je l’ai même entendu chanter,

    plaintifs étaient l’air et la chanson. »

     

       Gwelas-te morvech, pesketour

     

    O kriban en bleo melen aour

     

    Dre an heol splann, e ribl an dour ?

     

    Gwelous a rris ar morvech venn

     

    M'he c"hlevis o kanann zohen

     

    Klemvarus tonn ha kanaouenn.

     

     

     

     

     

    * la ville D'Ys , épilogue

     

     

     

    La légende veut que la ville d'Ys s'élevait dans la baie de Douarnenez. le lieu-dit Poulvadid, quelques kilomètres a l'est de la ville de Douarnenez, est la forme francisée de "Poul Dahut", le "trou de Dahut" en breton,  et indique l'endroit ou la princesse fut engloutie par les flots.

     

    On dit aussi que la ville D'Ys était la plus belle capitale du monde et que Lutec fût baptisée Paris car en breton "Par Ys" signifie pareille a Ys.

    Deux proverbes bretons populaires en témoignent.

     

        * Aboue ma beuzet Ker Is

     

          N'eus kavet den par da Baris

     

          Depuis que fut noyée la ville D'Ys

     

          On n'en a point trouvé d'égale à Paris

     

       
      * Pa vo  beuzet Paris

     

         Ec'h adsavo Ker Ys

     

         Quand Paris sera englouti

     

         Resurgira la ville d'Ys

     

     


     

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    Les Korrigans


    Le Korrigan est issu du folklore breton, une sorte de gnome ou lutin farfelu

    D'apparence chétive, ils vivent en Bretagne exclusivement, et sont présents sur le château de Dinan, en Presqu'île de Crozon. Ils sont très respectés par la population pour leur courage et leur ingéniosité.
    Le mot korrigan signifie "petit nain", du breton korr = nain, suivi du diminutif ig et du suffixe an, avec le pluriel breton ed = Korriganed. On les appelle aussi Poulpikets, Kornandons ou Ozégans.
    Les Korrigans sont les gardiens des trésors des collines. Ils sont extrêmement riches, mais aussi incroyablement avares. La légende leur donne des capacités d'alchimistes, ce qui expliquerait leur richesse.

     

     


    Ces lutins sont des esprits prenant l'apparence de nains dans la légende celtique et plus particulèrement bretonne. Parfois bienveillants ou malveillants, on les décrit ayant une magnifique chevelure et des yeux rouges lumineux pour ensorceler les mortels, ou comme petits, noirs et velus, coiffés de chapeaux plats avec des rubans de velours, voire même possédant une grosse tête fort laide et très ridée.
    Ils hantent surtout les sources et les fontaines.

     

     



    Peu actifs en hiver, une légende bretonne raconte qu'à l'arrivée des beaux jours, ils appellent les mortels à la tombée de la nuit pour les faire venir autour d'un feu où dansent des korrigans. Ce rituel leur permet d'augmenter la puissance de certains de leurs pouvoirs. Si le mortel invité se joint à leur danse, il se fait entrainer dans un piège où il finit tué ou envoyé dans une caverne souterraine. Car les Korrigans naissent et meurent sous terre.

     


    Au Moyen Age, les Korrigans seraient les auteurs des ronds de sorcières que l'on trouvait parfois sur les prés ou dans les sous-bois ; ils danseraient autour de ce cercle à la tombée du jour.
    Ils symbolisent aussi la résistance de la Bretagne à la christianisation et on leur prête alors des facéties nocturnes à proximité des églises, prenant surtout les prêtres comme cibles.
    D'autres légendes racontent qu'ils ne sont pas méchants mais seulement espiègles. Ils s'amusent et jouent des tours pendables à tous ceux qui leur manquent de respect et qui les dérangent. Ils proposent des défis qui, s'ils sont réussis, donnent le droit à un voeu mais qui peuvent, en cas d'échec, se transformer en pièges mortels menant tout droit en enfer ou dans une prison sous terre sans espoir de délivrance.
    Quant à ceux qui les traitent comme il convient, ils leur témoignent leur bienveillance et leur rendent beaucoup de services. Ils sont dotés d'une force extraordinaire.

     
     
     


    On prétend que durant la nuit du 31 octobre, ils sévissent à proximité des dolmens, prêts à entraîner leurs victimes dans leur monde souterrain pour venger les morts des sévices des vivants. Cette tradition les rattache à celle d'Halloween, à l'origine fête de Samain ; ce nouvel an celtique est devenu au fil des siècles et des religions la fête que nous connaissons aujourd'hui.

     

     

    https://www.bretagne-secrete.com/legende-des-7-korrigans/

     

        

     
     
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    Chez les Celtes, le 2 novembre, la veille du jour des morts, les familles allumaient une bougie à la fenêtre pour guider les âmes des morts sur le chemin du retour chez elles.

     

    Quand le voile entre les deux mondes s’amincissait, les esprits traversaient les contrées, trouvant l’hospitalité des vivants. Portes et fenêtres étaient laissées ouvertes, ainsi que tous les passages dans la maison qu’ils avaient l’habitude d’emprunter. La table était recouverte de la plus belle nappe et un repas était laissé : Boued gouel an Anaon .1

    Allumer la lampe du souvenir, car il existe une seule mort : celle de l’oubli.

     

     

     

    Les Anaons : Le peuple des âmes resté sur terre en pénitence sappelle lAnaon. Quand il fait jour, la terre est aux vivants. Quand vient le soir, la terre appartient aux âmes défuntes. Il ne faut jamais rester dehors, la nuit, sans nécessité et si tel est votre cas, gardez vous bien de siffler sous peine dattirer sur vous le courroux de lAnaon.

    Si vous avez a franchir un talus planté dajonc, faites du bruit afin de prévenir lAnaon de votre passage et de ne pas déranger les âmes en peine. Les âmes ont toujours froid. Aussi est il bon de laisser couver dans le feux quelques cendres pour que lAnaon puisse y venir se réchauffer. Par temps de pluie, lorsque sur une route vous voyez une partie sèche, vous pouvez être sur que lAnaon est présent. Quand vous parlez dun mort en le nommant, noubliez jamais de dire Doué dhe bardono ( Dieu lui pardonne ) sous peine de vous attirer son courroux. Si vous entendez une âme prononcer les mots suivants : Sed libera nos a malo ! , répondez lui Amen, cette âme sera libérée

     

     

    Le repas des Anaons

     En forêt de Brocéliande, dans le village de Concoret vivaient Fanch et sa femme Anna. Deux jeunes paysans qui avaient choisi de s’installer là. Ils avaient quelques champs et bien du courage pour cultiver leur terre. En ce temps là pas de machine mécanique, le blé était couché et battu au fléau. Le mois de novembre venait de commencer et les sacs de farine étaient engrangés depuis quelques temps.

     

     

    En cette fin d’après midi, Fanch est assis auprès de sa femme dans l’unique pièce à vivre de leur petite maison. Il répare les outils et elle, rapièce les vêtements.

    — Anna, voudrais-tu bien faire de la galette ce soir ? tu sais si bien la faire !

    — Fanch, il n’y a plus une pincée de farine dans la huche, voilà trois semaines que nous ne sommes pas retournés au moulin.

    — Anna, s’il te plait, j’ai tellement envie de manger de la galette, je pars de ce pas chercher de la farine au moulin !

    — Fanch, ton ventre est un bien dur maître ! Tu es prêt à te rendre au moulin dans la nuit qui arrive, en ce début du mois de novembre. Allez, tu as gagné, si tu as le courage d’affronter les ombres de la nuit. Je prépare le feu.

     

    Le repas des anaons

     

     

     

     Fanch a pris ses jambes à son cou pour aller chercher la farine, il a quitté le village de Concoret en passant devant l’église Saint Laurent, construite avec la pierre rouge du pays. Il a pris la route de la Ville Danet, a passé le lavoir et a bifurqué sur la gauche le long d’un petit étang. Pour franchir la dernière lieue qui le sépare du moulin, il court tant qu’il peut, il fait encore jour. Mais bientôt la pénombre arrive et le chemin s’enfonce entre deux hauts talus.

     

    Le repas des anaons

     

    Fanch est alors obligé de ralentir le pas. Bientôt, il avance à tâtons car il y a de très vieux arbres qui bordent le chemin. Des arbres tout à coup qui ressemblent à des silhouettes étranges. Fanch essaye de marcher sans trébucher, il n’est plus très rassuré et regrette un peu sa gourmandise. Le vent dans les arbres produit un étrange murmure, un murmure qui ressemble à des voix humaines. Il s’arrête et s’immobilise, tend l’oreille dans l’obscurité.

     

    Le repas des anaons

     

    De part et d’autre du chemin creux, sur le talus, il y a la silhouette de deux arbres aux troncs argentés, leurs feuilles bruissent. Ce sont deux vieux hêtres qui ont entrelacés leurs branches comme pour s’embrasser. Les arbres se mettent à parler et le premier dit à l’autre.

    — Tu n’as pas trop froid ?

    — Si, je suis glacée jusqu’au os.

    — Ce soir chez notre fils, il y a de la galette, c’est la nuit des morts nous pourrions nous réchauffer aux dernières braises et nous restaurer un peu.

    Fanch a reconnu la voix de ses vieux parents, morts il y a plus de sept ans. Il part en courant jusqu’au moulin et sur le chemin du retour, il se garde bien de s’attarder dans le chemin creux, sous les deux vieux arbres. Arrivé à la maison, sa femme a préparé le feu dans la cheminée, installé le billig sur son trépied, le saindoux avec son jaune d’œuf, il ne manque plus que la farine.

    Mais ce soir Fanch n’a plus faim, après trois galettes vite avalées, il demande à aller se coucher. Sa femme fronce les sourcils mais ne pose pas de questions sur ce changement brutal d’attitude et surtout d’appétit. Elle se doute bien que l’expédition nocturne pour se rendre au moulin a été éprouvante.

     

    Avant d’aller se coucher Anna veut éteindre les braises mais Fanch lui demande gentiment de les laisser pour ne pas avoir à rallumer le feu au petit matin. Ils se mettent au lit et dès qu’Anna a posé la tête sur l’oreiller, elle s’en va au pays des songes. Fanch, lui, ne peut trouver le sommeil, il repense à la conversation des deux vieux arbres surprise dans le chemin creux. Il écoute les heures sonnées au clocher de Concoret. Neuf, dix, onze heures.

     

    Le repas des anaons

     

     

    A la demi de onze heures, il entend comme un bruissement de feuilles qui se rapprochent. Il voit les deux hêtres qui s’avançaient comme portés par la terre. Ils vont par le champ, franchissent le courtil et font trois fois le tour de la chaumière. Ils font un bruit de tonnerre. Fanch se couvre la tête avec l’édredon pour ne pas entendre les branches frottées aux volets.

    Puis le silence s’installe.

    Alors il ose regarder à nouveau, dans la pièce au coin du feu, il voit ses parents qui ont repris forme humaine. Son père fume la pipe et sa femme s’est assise à la place de l’ancien aménagé sur le côté de la cheminée. Elle a même relevé pudiquement ses jupes pour profiter de la chaleur du feu. Alors le mari dit à sa femme.

    — Alors tu te réchauffes un peu ?

    — Oh oui, notre fils a eu la bienveillance de jeter une poignée de copeaux dans la cheminée avant de se coucher et de laisser de la galette pour le festin de nos âmes. Mangeons un peu, avant que notre heure ne revienne…

     

     

    Adaptation du conte « les deux vieux arbres » d’Anatole Le Braz

     


    ↑ 1 • la nourriture pour le festin des morts

     

     

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    La Bretagne, ses Dames blanches et légendes

    Auray :

    Une lande où il ne fait pas bon traîner …

    Près d’Auray, la grande lande des environs du marais de Kerso et de la chartreuse, juste autour de la chapelle du Champs-des-Martyrs, jouit d’une épouvantable réputation parfaitement justifiée par les éprouvants événements qui s’y produisent encore.
    En 1364, une grande bataille s’y déroula pour la succession de Bretagne. Ce fut un carnage.
    En 1795, la même plaine servit à fusiller, sans aucune élégance (car tous avaient reçu promesse de vie sauve), 700 prisonniers faits par les républicains lors de la tentative avortée de débarquement à Quiberon.

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    Les fantômes de la butte Bossène – Carnac :

    Cette éminence est située près de Carnac, au lieu-dit « Clou-Carnac ».

    Un important établissement templier s’élevait autrefois dans les environs. Les chevaliers hanteraient en masse les versants et le sommet de la butte.

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    St Cornély – Carnac :

    Dans le sud de la Bretagne, Saint Cornély (Sant Korneli en breton), dit aussi Carneli ou Korneli est le plus connu des saints protecteurs du bétail.

    Selon la légende bretonne, Cornély fut pape de 251 à 253. L’empereur romain Trébonien Galle le persécuta et il mourut en exil.

    Selon cette légende que les enfants de Carnac aiment raconter, Cornély, pape à Rome, était poursuivi par des soldats païens. Deux bœufs l’accompagnaient qui portaient ses bagages. Un soir, il arriva devant la mer. Les soldats le serraient de près, rangés en bataille. Il se cacha dans l’oreille d’un bœuf et transforma ses ennemis en pierre.

    Telle serait l’origine des alignements mégalithiques de Carnac. Il est ainsi protecteur des bêtes à cornes.

    *****

    La Dame blanche d’Elven – Morbihan :

    La plus belle femme du monde : la dame blanche à la robe tâchée de sang.

    La Dame blanche d’Elven est très belle, tellement belle que sa vision suffit, dit-on, à donner à jamais image de l’idéal féminin à celui qui a la chance de la croiser pendant ses sorties nocturnes.

    Son lieu favori de promenade : les landes et la plaine qui entourent les vestiges d’un vieux château.

    Fait assez rare chez les dames blanches : sa robe maculée de sang.

    Elle entre parfois en conversation avec un autre spectre, revêtu, lui, d’un long suaire. Localement, nul ne se risquerait à troubler leurs échanges. Le spectre serait celui de son amant mort en la défendant. Quand il fut finalement tué, la dame se planta un poignard dans le coeur.

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    La Dame blanche de Malestroit :

    Ou la dame des marais.

    Près de Malestroit, l’Oust forme une vaste zone marécageuse à l’endroit où elle rencontre une autre rivière. La nuit, on peut souvent y voir la forme d’une dame blanche ou une forme flottant lentement sur les eaux.

    *****

    « Les lieux de l’au-delà » de Didier Audinot :

    Fnac – Oct 2007 – Eds Temps présent – 378p.

    Partout en France, dans les villages, les grandes villes ou sur des routes de campagne, il se produit des phénomènes étranges : apparitions de fantômes, de Dames blanches… Véritable guide, cet ouvrage de référence est écrit par un spécialiste de ces phénomènes inexplicables. Il a enquêté dans les brigades de gendarmerie, interrogé les témoins. Ce livre fait le recensement de tous ces lieux mystérieux. Vous les trouverez classés par ordre alphabétique de ville avec, pour chaque cas, le genre auquel il se rapporte.

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    Sources : le livre cité, Wikipédia, Fnac

     

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    L'Ankou et les betteraves en Bretagne

    Pierre-Jakez Hélias raconte ses souvenirs d'enfance, au pays Bigouden (sud-ouest de Quimper), entre les deux guerres :

    Vient une année où toutes [les échasses] du quartier sont mobilisées pour une mise en scène qui manque de faire passer sur le haut du bourg le frisson de l'an mille. Nous avons l'habitude, vers l'approche de la Toussaint, de creuser des betteraves, d'y pratiquer des trous en forme d'yeux, de nez et de bouche, d'y introduire un bout de bougie et de refermer le tout.

    Ce lampion à tête humaine, posé la nuit sur un talus ou dissimulé dans les broussailles d'un chemin creux, terrifie toujours quelques noctambules. Quelquefois aussi, on le dépose sur la fenêtre d'une vieille fille connue pour son petit courage et son esprit crédule. Quelqu'un frappe du doigt sur la vitre avant d'aller se tapir non loin de là. La vieille, qui se chauffe les membres au feu de son âtre, tourne la tête vers la fenêtre et croit voir l'Ankou, os et flamme. Elle pousse un cri terrible. Elle appelle la Sainte Vierge. La voilà qui se précipite au-dehors, affolée, pour chercher au galop on ne sait quel secours. Alors, les garnements reprennent la betterave tête-de-mort et disparaissent. Quand la vieille revient avec le plus proche voisin, il n'y a plus rien à voir. Et tout le bourg fait des gorges chaudes.

    La dernière vision de la pauvre femme donne pâture aux langues pendant quelques jours, à toutes les langues sauf quelques-unes : et si c'était vraiment l'Ankou !

     

     

    Cette fois-ci, nous décidons de corser le spectacle. Chacun de nous s'attache la tête-betterave sur la tête en chair et en os, monte sur sa paire d'échasses. Un Timen, un Le Gall ou un Le Corre qui a eu l'idée nous met les uns derrière les autres à la queue leu leu. Et nous descendons ainsi, dans la nuit noire, le sentier qui borde le champ du recteur. Tout à coup, quelqu'un entonne le Libera, les autres reprennent de leur mieux.

     

     

    Ce chœur funèbre attire sur le pas des portes les femmes intriguées qui laissent brûler leur bouillie pour savoir qui on enterre à cette heure...

    Quand elles voient s'avancer ces yeux de feu et ces bouches d'enfer à deux mètres du sol, elles éclatent en de telles clameurs que nous en sommes saisis nous-mêmes. Nous dévalons de nos échasses, perdant du même coup nos têtes-betteraves dans une avalanche de Jugement Dernier. Aucun de nous n'avouera jamais avoir participé à ce coup-là.

    Le Libera était de trop. On ne plaisante pas avec l'Autre Monde, même sur des échasses.

     

     

    À propos de l'Ankou :

    Un personnage dont on ne prononcera jamais le nom sans frémir. C'est l'Ankou, le squelette à la faux, le Trépas lui-même, le moissonneur des corps. On préfère l'appeler Lui et, dans le contexte où arrive de Lui, tout le monde comprend. Ce Lui-là est toujours vainqueur tôt ou tard. (...) [le recteur, c'est à dire le curé] n'aime pas beaucoup parler de l'Ankou.

    Un jour au catéchisme nous lui avons demandé ce qu'il est au juste. Il nous a répondu qu'il est celui qui vient nous chercher pour nous emmener dans l'autre monde.

     

    Pierre-Jakez Hélias, Le cheval d'orgueil

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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